1/ Les traitements d'hiver (Rappel)

Faisant suite aux traitements d'automne, à base de cuivre ou de bouillie bordelaise, qui permettent de lutter contre diverses maladies comme par exemple le chancre du pommier, les traitements d'hiver agissent sur les formes hivernantes de nombreux ravageurs tels que les pucerons, acariens (araignée rouge notamment) et certaines chenilles.
Les traitements d'hiver doivent être entrepris en période de repos de végétation et jusqu'à 10 à 15 jours avant le débourrement.
Traiter abondamment jusqu'à la limite du ruissellement le tronc et les branches.
Traiter par temps sec et hors période de gel.
Ne jamais traiter les conifères bleus comme le cèdre bleu ou le sapin bleu, les pigments donnant cette couleur bleue sont en effet liposolubles. Des conifères bleus ainsi traités risqueraient de devenir plus ou moins verts.
Les produits utilisés pour les traitements d'hiver sont à base d'huile.

Le conseil du Docteur phyto : Ne jamais traiter lors de période de gel.

Pour les amateurs d'arbres fruitiers, badigeonner le tronc des arbres sur une hauteur de 40 à 60 centimètres avec un répulsif gibier, les lapins et lièvres provoquent, durant la période hivernale, des dégâts importants au niveau du tronc.

Enfin, c'est la période idéale pour se débarrasser des mousses et lichens proliférant sur les écorces : En l'absence de matière active autorisée sur le marché actuellement, il vous reste le P.T.B ("prends ta brosse" !).

2/ Continuez vos plantations

Pour les arbres et arbustes en racines nues, il est indispensable de "rafraîchir" (c'est à dire tailler les extrémités) les racines, juste avant la plantation. Cette opération facilitera l'émission de jeunes radicelles blanches et donc la reprise du végétal.

Creuser un trou ou une tranchée pour les haies largement plus grand que le volume racinaire : cela permettra d'ameublir le sol qui sera ainsi rapidement colonisé par les nouvelles racines.

Praliner les racines avec un pralin prêt à l'emploi après humidification.

Ne pas enterrer le point de greffe, ni même la tige.

En rebouchage du trou de plantation, autour des racines ou autour de la motte apporter un mélange de terre et de terreau bien décomposé, et humidifié. On pourra également apporter des scories potassiques riches en phosphore en engrais de fond.

Concernant la plantation proprement dite, surtout ne pas enterrer le point de greffe. Cependant il y a deux cas où l'on peut déroger à cette règle : les clématites pour lesquelles on peut enterrer, à l'horizontale, une portion de 10 à 20 centimètres de tige, après l'avoir courbée, et les rosiers buissons dont le point de greffe peut être à 5 cm dans le sol, ce qui évitera l'émission de rejets par le porte-greffe.

Après plantation, tasser légèrement et arroser abondamment pour qu'il ne reste pas de poche d'air autour des racines.

La première année, effectuer des arrosages réguliers en formant une cuvette au pied et limiter l'apport d'engrais riche en azote.

Un conseil, éviter en attente de la plantation d'entreposer les arbres dans un local sec et chauffé.

3/ Les travaux du mois

Continuer vos plantations sauf bien évidemment s'il gèle.

Elaguer vos arbres, afin de leur redonner une silhouette équilibrée et d'éliminer les branches mortes. Après cette opération, protéger les plaies de taille en les badigeonnant avec un mastic cicatrisant .

Au potager, continuer le bêchage en apportant un engrais de fond riche en potasse et en phosphore. La potasse joue un rôle prépondérant car il permet aux végétaux de mieux résister aux maladies, à la sécheresse et, par ailleurs, il confère aux fruits et légumes un taux de sucres plus important et donc une meilleure saveur. Quant au phosphore, ce dernier favorise un meilleur développement racinaire, une mise à fleur plus importante et donc une fructification accrue.

Surveiller l'état sanitaire des fruits stockés. Eliminer ceux présentant des taches ou un début de pourriture afin d'éviter la contamination des fruits sains.

4/ La Cloque du Pêcher

La cloque du pêcher est provoquée par un champignon microscopique appelé Taphrina deformans. Maladie bien connue de tous ceux possédant des pêchers, elle se manifeste sur les jeunes feuilles qui s'enroulent en formant des cloques rouges devenant par la suite jaune brunâtre. Les feuilles ensuite se dessèchent et finissent ainsi par tomber. La récolte bien évidemment s'en trouve affectée par un rendement plus faible et par une taille plus réduite des fruits.
Ce champignon microscopique responsable de cette redoutable maladie hiverne dans les anfractuosités des rameaux et au niveau des bourgeons.
Il colonise les feuilles au moment du débourrement lors de périodes fraîches et humides.

Méthode de lutte :
Du fait de la biologie de ce champignon, la lutte doit être strictement préventive. Des traitements effectués sur des feuilles cloqués seraient inopérants.
Si les arbres ont été contaminés en 2010, il est encore temps d'effectuer, avant le débourrement, un, voire deux traitements à la bouillie bordelaise.
Lors du débourrement (période de sensibilité maximale) et à savoir de l'ouverture des bourgeons à bois jusqu'à l'étalement des feuilles, plusieurs traitements espacés de 10 à 15 jours d'intervalle devront être effectués avec un produit spécial anti-cloque du pêcher (à base de dodine par exemple, la doguadine n'étant plus homologuée pour la cloque du pêcher).
Si ces quelques règles sont respectées, vous obtiendrez des fruits de toute première qualité !

5/ Le Chancre du Pommier

Le chancre du pommier appelé également chancre européen du pommier est tout comme la cloque du pêcher provoquée par un champignon microscopique connu sous le nom de Nectria galligena. Ce champignon provoque une altération du bois se manifestant par la formation de chancres.
Ce champignon est un parasite de blessure, c'est à dire que le champignon responsable de cette maladie colonisera l'arbre à la faveur d'une blessure. La contamination se fait principalement par les plaies de taille, morsures d'insectes, etc.…
Hormis le critère de sensibilité variétale, on peut observer, pour une même variété, des arbres très infectés situés à quelques kilomètres d'arbres très sains.

Nous devrons tenir compte des paramètres suivants :

- La pression de l'inoculum, c'est à dire de la présence ou non d'arbres contaminés dans l'environnement.
- L'humidité et la pluviométrie, favorables à ce champignon.
- La vigueur des arbres, une fumure trop riche en azote favorise la réceptivité de l'arbre vis à vis de ce champignon.
- La compacité et l'humidité du sol entraînent une plus grande sensibilité des arbres.
- Enfin, la richesse du sol en divers minéraux notamment en potassium et en magnésium permet une résistance accrue.

La lutte contre cette maladie :

· Limiter la contamination et la pression de l'inoculum par la suppression des rameaux atteints et le curetage des chancres en prenant soin ensuite de badigeonner les plaies avec un cicatrisant ou une pâte fongicide..
· Surveiller et éliminer tout au long de l'année les rameaux nouvellement atteints.
· Eliminer ou plus exactement diminuer les contaminations par des traitements à base de cuivre ou de bouillie bordelaise à la chute des feuilles, et au gonflement des bourgeons.
· Tailler obligatoirement par temps sec.
· Assurer une fertilisation équilibrée pas trop azotée mais riche en potasse et en magnésie.


6/ Les Plantes et le froid

Contrairement à ce que nous pourrions penser, le froid est bénéfique aux végétaux bien évidemment pour ceux qui sont rustiques sous nos climats.
En agronomie, il s'agit de la vernalisation.
La vernalisation est la transformation physiologique, due au froid, de graines ou de plantes, leur conférant l'aptitude à fleurir.
En agriculture, on utilise très fréquemment le froid de façon naturel ou artificiellement à l'aide de chambre froide pour le traitement des graines (stratification), afin de lever leur dormance ou de jeunes plants.

     Dr Phyto

 

 

 

Février 2012
Numéro 83

Dans ce numéro
1 Traitements d'hiver (rappel)
2 Continuez vos plantations
3 Les travaux du mois
4 La Cloque du Pêcher
5 Le Chancre du pommier
6 Les Plantes et le froid

Un bon conseil !

Tous les produits insecticides, fongicides et herbicides sont efficaces. Les mauvais résultats quelquefois observés sont à l'origine d'un mauvais diagnostic ou d'un matériel de pulvérisation non adapté. A ce titre, pour l'application des herbicides nous utiliserons des buses générant des jets plats : utilisez des jets pinceau ou des buses miroirs. Quant aux traitements insecticides et fongicides, on utilisera des buses à turbulence (pastille perforée). Demandez conseil à votre vendeur.